Une chouette soirée

C’est un grand bonhomme, très gros et très moche, avec pas trop de cheveux sur la tête et des lunettes de taupe comme dans les histoires. Quand il parle il fait tout le temps les gros yeux comme ça, avec les sourcils et la voix qui fait peur. Quand j’étais petite (car là je suis plus si petite que ça), je croyais que c’était un copain de Papa, comme Laura et Florine à l’école. Papa nous disait, à Tiphaine et moi : « monsieur Friedman, il faut pas s’inquiéter, c’est un ami ». Mais comme j’étais petite je savais pas que les amis, on leur dit pas monsieur. C’est Tiphaine qui m’a expliqué : « c’est pas vrai que c’est un ami de Papa, il fait partie de ma fia ». Je me souvenais pas trop de ce que c’était une fia, j’ai dit : « c’est quoi ta fia ? » C’est normal, quand on est petit on sait pas tous les mots. « Non », Tiphaine elle m’a dit. « Mafia, tout attaché ». Elle l’a écrit sur mon ardoise de Noël pour que je voye bien. Ca veut dire que c’est un méchant, qui veut que Papa fasse des choses pour lui, sinon ça ira mal.

Je sais toujours pas trop quelles choses. Des choses avec des papiers et des identités.

Monsieur Friedman, des fois il sonnait à la porte sans nous téléphoner d’abord, et il entrait au moment où personne lui avait ouvert. Il faisait semblant qu’il était content. Il disait « ah mon Philippe, comment va ta petite famille ? » et il rigolait et tout. Papa disait à Maman de sortir un peu le cognac, et nous, on devait aller dans nos chambres. Je voyais bien que Papa était malheureux et Maman aussi, mais je savais pas quoi faire pour les aider. Tiphaine elle me disait : « t’occupe. C’est des affaires de grands ». Mais elle aussi, je voyais bien qu’elle se fabriquait du souci.

Moi, les méchants, j’aime pas. Depuis que je suis petite j’ai jamais compris. Par exemple, à l’école y’a un garçon qui s’appelle Timothée, il est méchant. Et figure-toi donc que j’ai découvert, voilà un petit peu, que c’était le fils de monsieur Friedman. Il s’appelle Timothée Friedman, quoi. Il est méchant comme son père. Comme on dit, c’est de famille. Il doit savoir que son père c’est la mafia et que les méchants de la mafia font peur. Alors il jette des cailloux sur les autres, et l’autre fois il en a jeté un comme ça sur l’épaule de Florine. Elle a pleuré et elle a eu un bleu. Je suis allée voir Timothée et je lui ai dit : « mais t’es pas fou toi ? Tu voudrais qu’on t’envoie des cailloux sur les épaules ?

—On m’en enverrait pas, qu’il m’a dit. Moi je suis pas moche comme elle. »

Je lui ai donné un coup de pied. Ca méritait. Il a fait semblant de pas avoir mal et il m’a dit : « toi je sais qui tu es, tu devrais t’écraser. »

Bof. Ça me fait pas peur.  Si jamais, je sais me défendre.

Ecoute si tu me crois pas. L’autre fois que monsieur Friedman est venu à la maison, il a grondé Papa je sais pas pourquoi, et même il lui a attrapé le cou avec la main. Enfin, pas le cou mais l’arrière du cou, je sais plus comment ça s’appelle. Je l’ai vu faire, il a serré fort, et pendant ce temps il continuait de rigoler et faire semblant d’être content. « Tu m’as bien compris, Philippe ? il disait. Un gars intelligent comme toi, j’ai pas de souci à me faire pas vrai ? » Moi j’aurais dû être dans ma chambre mais j’étais sortie comme on dit pour aller aux toilettes, et j’étais restée genre cachée dans le couloir. Quand j’ai vu ça, je suis passée par la porte de derrière et j’ai pris une grosse pierre dans le jardin. Je suis allée à la voiture de monsieur Friedman et j’ai mis la pierre juste derrière un pneu, bien collée. Je croyais que ça allait le faire crever quand la voiture partirait. J’ai regardé par la fenêtre de ma chambre, après. Monsieur Friedman pouvait pas s’en aller. Sa voiture soulevait son gros derrière, faisait comme une secousse et retombait. Monsieur Friedman il est sorti de là furibard comme un mardi gras, il a regardé partout. Après il a trouvé mon caillou, il l’a jeté de côté et il est resté un petit peu à regarder notre maison. « Voilà pour toi » j’ai dit dans ma tête. Mais je l’ai dit bien fort, pour que quand même il l’entende un peu. « On sait se défendre, par ici, Cheyenne ». Cheyenne je sais pas ce que c’est mais je l’ai entendu dans un film de western que j’aime bien.

Un autre soir il est revenu, tout le monde a beaucoup parlé. Moi je jouais aux Barbie dans ma chambre, je racontais que Ken était pleureur et bébé comme tous les garçons, et que Barbie lui semor sermon faisait la leçon pour qu’il soit un homme. Mais d’un coup j’ai entendu que Papa disait à Tiphaine de descendre au salon, alors je suis allée écouter dans les escaliers. Tu sais pas quoi ? C’était monsieur Friedman qui voulait discuter avec elle comme on dit. Il lui a posé des questions sur l’école, du genre ses notes et ses copines, et il lui a même demandé si elle avait un amoureux ! Un amoureux ! Qu’est-ce que ça peut lui faire à monsieur Friedman que ma soeur elle a un amoureux ou pas ? Tiphaine, elle est encore plus intelligente que moi, alors elle lui a menti que oui, elle avait un amoureux qui s’appelait Ivan (alors que c’est pas vrai). « Ivan comment ? » a dit ce malpoli de monsieur Friedman. « Pourquoi vous me posez toutes ces questions ? » elle a dit d’un seul coup. « Je prends des nouvelles des enfants de mon protégé » a dit monsieur Friedman avec sa voix genre qu’il est content. Et à la fin, il a dit : « je voudrais t’inviter à dîner, Tiphaine. Je voudrais qu’on fasse connaissance. Philippe, tu pourrais m’organiser ça chez toi, pas vrai ?

—Je peux prévoir ça, oui, a dit Papa d’une toute petite voix. Un dîner pour quatre… Ou bien, voulez-vous que je compte Charlotte à table aussi ? En général elle mange avant nous.

—Oh non, non, a rigolé monsieur Friedman. Je me suis mal fait comprendre. C’est d’un dîner en tête à tête avec ta charmante fille, dont je parle. »

Il y a eu un silence tellement long que je me suis demandé ce qu’ils fabriquaient tous.

« Philippe ? Tu peux m’organiser ça ? J’ai bien envie que ça se passe chez toi. Pour les vibrations, tu vois. Que je sente un peu dans quel univers évolue Tiphaine. On s’installera dans ta salle à manger et tu feras le service. Avec ta femme.

—Monsieur Friedman, là vraiment je ne comprends pas…

—Tu ne comprends pas ? Il ne comprend pas. Tu veux que je t’explique autrement ?

—J’ai pas envie de dîner avec vous » a dit Tiphaine.

Et là je sais pas ce qui s’est passé, j’ai entendu comme un bruit de gifle, quelque chose qui se renverse par terre, et d’un coup la voix de monsieur Friedman rigolait plus du tout.

« J’ai pas dit que vous aviez le choix. Mais on peut s’organiser ce petit événement avec gentillesse et courtoisie, ou bien on peut le rendre beaucoup plus pénible.

—D’accord, a dit Papa avec une voix de microscope que j’ai presque pas entendue.

—Tiphaine ?

—Oui. »

Et là ma parole tu peux me croire, c’est ma grande soeur et je la connais par coeur. Quand elle a dit oui, elle se retenait de pleurer. J’étais loin mais je l’ai su. J’ai cherché autour de moi de quoi défendre la famille, mais j’ai rien trouvé, et puis déjà monsieur Friedman recommençait à parler.

« T’es intelligente comme tout, toi. Je suis sûr qu’on aura beaucoup de choses à se raconter. Tiphaine, Tiphaine… Dis voir, Tiphaine c’est pas un prénom à ton avantage. Je veux dire, t’as un physique de princesse et un prénom de veau. Si tes parents avaient eu juste un peu moins d’imagination, tu te serais appelée Kylie ou Rianna. T’en penses quoi ?

—J’aime beaucoup mon prénom.

—C’est l’habitude qui te déforme le goût. Tu peux pas t’appeler Tiphaine. Regarde-toi. Une beauté pareille : Tiphaine. N’importe quoi. Désormais, je t’appellerai Grâce. T’en penses quoi ?

—J’aime beaucoup mon prénom.

—Alors va pour Grâce. J’ai hâte de pouvoir échanger avec toi autour d’un bon repas, Grâce. »

J’étais furibarde dans les escaliers. Il lui avait changé son prénom ! Ca, c’est grave. Je suis descendue, et quand ils sont sortis du salon, avec Tiphaine qui baissait la tête et Papa et Maman derrière tellement tristes, je me suis plantée devant eux. Monsieur Friedman m’a presque pas regardée. Il a enfilé son manteau et il a dit au revoir avec sa voix contente, et il a touché la joue de Tiphaine.

Je lui ai donné un coup de pied. Comme à Timothée : la punition de père en fils. T’aurais vu sa tête de grosse taupe à lunettes, comme il m’a regardée. Il a levé la main, mais Tiphaine m’a tirée en arrière et elle m’a emmené dans ma chambre. « T’es complètement folle ! elle m’a crié dessus. Faut jamais faire ça ! A personne ! Et monsieur Friedman encore moins que personne !

—Mais il est méchant ! Il faut se défendre contre les méchants !

—C’est plus compliqué que ça. Tu dois rester en-dehors de ces histoires Charlotte, tu peux rien y faire. Laisse Papa, Maman et moi s’en arranger.

—Sûrement pas ! »

Elle m’a secouée comme un pruneau et s’est mise à pleurer, alors j’ai arrêté. J’ai dit d’accord, et on a fait un câlin, et après je suis allée gentiment au lit alors que d’habitude je fais toujours des histoires. Mais j’ai dit dans ma tête que j’en avais pas fini avec monsieur Friedman. J’ai pensé à une phrase de mon dictionnaire des contes de fées : parfois, de toutes petites choses peuvent faire s’écrouler des géants. J’ai cherché, cherché bien longtemps. Avant de m’endormir j’ai trouvé l’idée de mettre une guêpe dans la poche du manteau de monsieur Friedman pendant qu’il dînerait avec Tiphaine. Je sais où y’a un nid dans le jardin. Mais je trouvais que c’était pas digne des cow-boys. J’aurais bien aimé avoir un colt.

C’est le matin que je me suis souvenue de quelque chose et que je me suis dit : « Chacha, tu tiens ta vengeance. »

Monsieur Friedman est venu le samedi d’après. Il est arrivé avec toute une smala de gens dans des voitures. Ils ont sorti de grosses bassines en fer dans lesquelles y’avait du couscous. Des graines, des légumes et des sauces. J’ai entendu Papa dire à Maman : « Friedman a changé d’avis, c’est lui qui a fait préparer le repas ». Alors moi j’ai fait le signe de la victoire dans ma chambre car j’étais sûre de savoir pourquoi il avait eu cette idée. Je suis descendue pour faire la fille un peu bébé qui se promène dans la maison l’air de rien, mais monsieur Friedman m’a vue et il a dit : « celle-là, je ne veux pas la voir. »

Du coup je suis remontée comme si j’étais obéissante.

Après, Tiphaine est sortie de sa chambre. Je l’attendais dans le couloir. Elle s’était habillée classe, avec sa jupe noire et son pull brillant, et aussi du maquillage. Elle a chuchoté : « tu fais pas d’histoires Cha, je compte sur toi. Laisse-moi faire, je suis au moins aussi maligne que lui. » J’ai hoché la tête. « T’es trop belle.

—J’espère bien » elle a dit en me clignant de l’oeil.

Monsieur Friedman, quand il l’a vue descendre les escaliers, il a sifflé et il a dit : « Bonsoir princesse ! Tu es encore plus belle que je ne l’imaginais, Grâce. »

J’ai attendu qu’ils aillent au salon, et ensuite j’ai enlevé mes chaussures. J’ai pris le petit sachet plastique caché dans mon tiroir, et j’en ai écrasé le contenu avec un verre que j’avais monté exprès. Avec ça dans la poche, je suis redescendue, silencieuse comme une skou squaw en pleine nuit.

A la cuisine, des hommes bien habillés s’occupaient de mettre le couscous dans des assiettes. Je me suis cachée derrière le frigo pour attendre. De loin, je percevais des morceaux de conversation. « Partenaire parfaite, dîner parfait, soirée parfaite » disait ce gros cochon de Friedman. « Est-ce que vos affaires fonctionnent ? » a répondu Tiphaine, avec une voix qui me faisait bizarre. J’ai trouvé qu’elle avait sacrément du culot de faire celle qui s’intéresse. Friedman devait être tout tourneboulé.

A un moment, les hommes de la cuisine sont sortis fumer par derrière. J’ai sorti mon sachet plastique et j’ai foncé jusqu’aux assiettes. Je savais pas laquelle serait pour Tiphaine et laquelle pour le méchant, mais vraiment c’était pas grave. J’ai versé la moitié du contenu sur l’une et la moitié sur l’autre. Ca faisait une poudre brune qui ressemblait à du curry. Au moment où je repliais le sac, un des hommes est venu passer la tête dans la cuisine. Je me suis accroupie en position furtive, et j’ai avancé à tous petits pas jusqu’au frigo. Puis je suis allée à la bibliothèque, car là j’avais une vue sur la salle à manger.

Maintenant il faut que j’explique mon plan avant la phase finale.

J’ai dit que Timothée Friedman était à mon école. C’est ce qui m’a permis d’avoir des informations sur la famille. Timothée, à la cantine, un jour j’ai vu qu’il mangeait pas comme nous autres. La dame lui avait mis dans son assiette un oeuf dur et du jambon, à la place de la purée de châtaignes qu’on avait. J’ai trouvé bizarre parce que la purée de châtaignes c’est trop bon, alors je voyais pas pourquoi il s’en serait privé. C’est Laura qui m’a donné la clé de l’énigme : Timothée est allergique aux fruits à coque. Si tu sais pas ce que c’est un fruit à coque : c’est des châtaignes, et aussi des pistaches et des cacahuètes.

Des cacahuètes ! So long, Cheyenne !

Je me suis dit : fils méchant, père méchant. Fils allergique, père allergique : logique. Et comme Maman adore les cacahuètes, j’en ai pris une poignée dans le pot, et tu connais la suite. Je pensais pas que ça serait gravos, mais que ça donnerait une bonne leçon à monsieur Friedman.

Ils se sont installés à table. J’en croyais pas mes yeux car Tiphaine était très à son aise, et c’était monsieur Friedman qui semblait tout ému. Ma soeur, qui est mon mentor d’expérience, elle mangeait tout doucement, en mettant que le bout de la fourchette dans sa bouche, et elle faisait des manières avec la nourriture. Monsieur Friedman la regardait sans toucher à son plat, il lui posait des questions de plus en plus craignos, genre qu’est-ce que tu regardes à la télé, est-ce que t’aimes le chocolat. Je reconnaissais bien le caractère de bébé des garçons, qui ressort au moindre opportunisme. Bref à un moment, il a quand même avalé une bouchée de son couscous, et une autre bouchée. Il mangeait mal, pire qu’une taupe.

Mais il se passait rien. Je croyais qu’il allait se gratter dans le cou et devenir tout rouge, mais il continuait à poser ses questions, et Tiphaine faisait la gentille un peu bête, ce qui plait beaucoup aux garçons. Et puis à un moment, il a fait un bruit dégueu avec sa gorge, genre renvoi, il a toussé et il a dit : « excuse-moi, Tiphaine ». Même pas il pensait encore à l’appeler Grâce comme il avait dit.

Il s’est levé et s’est mis à tournicoter, bouche ouverte en plein air.

« Monsieur Friedman ? a dit Tiphaine. Avez-vous besoin d’aide ? »

Il a pas pu répondre et il a donné un grand coup sur la table, que ça a renversé son verre. Toute la smala des gens bien habillés a déboulonné dans la salle à manger. « Il a avalé de travers » a dit quelqu’un. Et un autre l’a attrapé par derrière pour essayer de lui faire ressortir le morceau coincé. Et un ! Et deux ! Et trois ! Et ça ressortait pas.

A la fin, je suis sortie de ma cachette : « ça ressemble à une allergie aux fruits à coque » j’ai dit, l’air de rien. Pour qu’ils comprennent plus vite, j’ai ajouté : « un jour à la cantine j’ai vu son fils s’étouffer comme ça, et c’est grave. » C’était pas vrai mais j’ai dit ça car monsieur Friedman devenait violet et que je voulais quand même pas qu’il meure dans notre maison.

Y’en a un qui a crié : « put*** (je l’écris pas car c’est un gros mot, mais on devine) la petite a raison ! Qui a préparé le couscous ? Quel est le c*** qui a laissé passer… » Et ils ont porté monsieur Friedman jusqu’à sa voiture, comme une armée de petites fourmis travailleuses, et ils sont partis, je crois à l’hôpital. Moi, j’aurais été un homme de main comme ça, je crois bien que j’aurais fait exprès de rouler pas trop vite, pour que monsieur Friedman ait le temps de comprendre la leçon. Mais je suis indépendante, je m’occupe seulement de venger la famille.

A la fin, dans la maison il restait que nous.

J’ai dit : « ça serait dommage de gâcher la nourriture qui reste. »

Tiphaine m’a regardée bizarre. J’ai fait un clin d’oeil et elle m’a souri.

« Ouais, elle a dit. Profitons du dîner, c’est un cadeau. »

On s’est assis tous autour de la table et on a mangé magnifiquement. Avec Tiphaine on a rigolé en parlant de monsieur Friedman tout violet et tout empêtré, et ça a fait aussi rigoler Papa et Maman.

C’était vraiment une chouette soirée.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Angelilie dit :

    J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

    J'aime

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